C'est bien

Paul Heintz
avril - septembre 2018
18ème arrondissement (Allée Valentin Abeille)

démarches

● démarche artistique

Paul Heintz est un artiste français plasticien, photographe et vidéaste qui vis et travaille à Paris. En passant souvent par un système de collecte, tels que des paroles, des images, des témoignages, des graffitis, des dessins ou encore des troubles et des pathologies mentales, l’artiste imprègne le réel de fiction. Le territoire fictionnel ainsi construit, devient le terrain de jeu des apparences, produisant un glissement vers une irréalité. Sa pratique, à première vue faussement documentaire, s’inscrit dans une logique fictionnelle pour la dépasser et ouvrir les possibles. Il développe ainsi une puissance narrative et convoque l’imaginaire tout en mettant en exergue la construction des images.  

Avec le projet C’est bien, réalisé dans le cadre du Festival Arts en Espace Public 2018, Paul Heintz a souhaité créer une déambulation filmée sur le thème du langage en collaboration avec les jeunes du quartier La Chapelle du 18ème arrondissement à Paris. En prenant comme base solide le langage courant, ses usages, le contexte urbain et en injectant des situations imaginaires, l’artiste a invité les habitant.e.s à se questionner sur la signification des mots.  

● démarche territoriale

Dans le cadre du festival Arts en Espace Public, Paul Heintz est parti à la rencontre des habitants parisiens de l’Allée Valentin-Abeille située dans le 18ème arrondissement à Paris. Le lieu circonscrit est situé aux abords du périphérique et de la Porte de la Chapelle. Véritable lieu de vie, cet espace vert est bordé par un immeuble d’une dizaine d’étages où de nombreuses familles habitent. Avec ce projet, l’artiste souhaite ainsi créer une occasion de rencontre avec les personnes vivant dans ce territoire. Le projet naît dans ce « décor » et inclut les habitant.e.s. 

● démarche pédagogique ou médiation

À la croisée de la poésie, de la parole instantanée et de la mise en scène, l’artiste s’intéresse au langage commun, aux formes de discours et à l’oralité des jeunes. Pour le festival Arts en Espaces Publics 2019, il a proposé alors un travail sur l’écriture poétique, la performance et la création vidéo. Tout en poursuivant ses questionnements sur le rapport du texte et de l’image, Paul Heintz, en collaboration avec les habitants a ainsi produit une captation vidéo et sonore. Par le biais d’ateliers, l’artiste a proposé aux jeunes de mener une réflexion autour des mots, de leur contexte et de leur sens : argot, langage soutenu, termes scientifiques, dialectes, etc.  

Un atelier de Nuage c’est bien de typographie pendant lequel les participants étaient invité.e.s à créer leur propres ‘’nuage de mots”: ils devaient créer des formes graphiques à partir de mots, leur permettant ainsi de réfléchir à leur sens ainsi qu’au rôle que la typographie à sur l’impact des mots. Un atelier ping pong des mots d’enregistrement sonore, qui permettait aux participants d’exprimer leur créativité avec un jeu sur le thème des mots. Durant ce jeu un arbitre muni d’un enregistreur donnait la parole à chaque participant.e qui devait dire des mots, lui faisant penser à un mot imposé. L’enregistrement de cette véritable bataille de mots a constitué ensuite un élément alimentant le processus créatif du projet C’est bien. Enfin, un atelier C bi1 ! de composition qui invitait les participants à composer une liste « C’est bien ». Les participants ont découvert ainsi les différentes techniques de la typographie, la calligraphie et les polices qui permettent aux mots écrits de transformer leur forme et leur intonation. Cet atelier a constitué la base du projet et une ébauche de scénario du tournage vidéo de C’est bien, qui a été ensuite projeté lors de l’exposition finale du festival.  

exposition finale

Pour l’édition 2019, les œuvres de Amandine Maas, Thomas Sindicas, Paul Heintz et Keita Mori exposées dans le cadre de Récits de squares ont invité le public à repenser à l’environnement urbain.

Chaque situation sur le terrain durant le festival Arts en Espace Public révèle la construction de l’image d’un quartier, entre réalité et fiction, points de vue de l’artiste, récits et actions, créations des habitants. Ils se sont vus acteurs de la définition et de l’identité de leur espace de vie. L’œuvre d’art est sujet de rencontres et son processus est un jeu avec l’environnement et ceux qui y vivent. À l’intérieur, les œuvres transmettent une partie du lieu investi. Elles ont en elles la mémoire des interactions qui sont nées durant les différentes rencontres. Elles révèlent ces quartiers, connus ou en mutation, ces lieux de respiration, de pause et de passage, comme des récits composant une histoire.

Avec la vidéo Ping-pong, projetée dans le cadre cette exposition, Paul Heintz a proposé un jeu sur le langage : des enfants s’échangent la phrase « C’est bien » qui devient, au fur et à mesure, un témoignage poétique, une sensation de gravité, l’expression d’une sensation vécue, d’un moment d’arrêt. Les manières de dire, les intonations dans la voix délimitent ici l’espace, le lieu traversé ou habitat.  

publics touchés

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interventions
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participant.e.s
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participant.e.s moins de 11 ans
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filles
0
garçons

partenaires

● partenaires financiers

Mairie de Paris, Mairie du 18ème, CGET, Agence du Service Civique

● partenaires du projet

FRAAP, Maison Bleue, Collectif Square en Fête Chapelle, Petits Débrouillards, 1001 images, Les Laacs, Centre socio-culturel Rosa Parks